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Définition en 1024x768
Ouverture : 20/11/2000
Dernière MàJ : 21/01/2008
Le Mont - Aiguille
(2086 m)
Situation géographique :
Le
Mont - Aiguille, situé en Dauphiné, est un bastion avancé de
la falaise orientale du Vercors, auquel il appartient géologiquement.
L'automobiliste qui
va de Grenoble vers Sisteron par la RN 75 a deux occasions
de voir le Mont - Aiguille, sous deux aspects très différents
:
Entre Monestier - de- Clermont
et Clelles, dans une échappée vers le Sud - Ouest, la silhouette
élancée du pilier Nord - Est, sorte de chicot (de 350 m
de haut !) détonnant dans un paysage fait en premier plan
de vallonnements.
Au niveau de Clelles, l'énorme
muraille Sud - Est barrant l'horizon sur près d'un kilomètre
de long.
Une première approche du Mont-Aiguille
par la route s'effectue soit depuis St-Michel-les-Portes, soit depuis
Chichilianne (voir carte ci-dessus).
Ensuite, on gagne par un sentier le col de l'Aupet, pratiquement au
pied des parois du Mont-Aiguille.
Pour tous renseignements :
Maison du Parc du Mont-Aiguille 38930
CHICHILIANNE Tél : 04 76 34 44 95
Aspect général :
Les métaphores abondent pour décrire
l'aspect général du Mont - Aiguille : chicot, tour, sémaphore, phare,
etc...
Pour ma part, je proposerai : tourelle effilée d'un monumental sous
- marin, le cône d'éboulis qui entoure l'aiguille figurant la partie
supérieure de la coque d'où jaillit la tourelle.
Les dimensions sont les suivantes : longueur
de 900 m, largeur maximale de 130 m, hauteur croissant régulièrement
de 250 m (pilier Sud - Ouest) à 350 m (plier Nord - Est), section droite
en forme d'ellipse très allongée. Le sommet est donc en forme de plan
incliné.
Géologie :
La structure géologique
du Mont - Aiguille est analogue à celle du plateau voisin du Vercors
: couche de 300 m d'épaisseur en moyenne de calcaire urgonien reposant
sur des sédiments marno - calcaires bien
visibles à la base du pilier Nord-Est.
Le ravinement dans ce socle relativement marneux
sape son couronnement calcaire et entraîne l'effondrement de tranches
successives. Un cône d'éboulis ceinture les parois, cône d'où jaillit
l'aiguille verticale. Ces dégradations se poursuivent sous la forme
de simples chutes de pierres ou d'énormes éboulements qui peuvent ensevelir
des hectares de forêt (1955).
C'est une grande faille NE - SW, la faille du
Jasneuf qui est probablement à l'origine de l'isolement du
Mont Aiguille. En effet le pied des falaises qui tombent de ce sommet
sur le col de l'Aupet correspond au passage de cette cassure (qui délimite,
plus au sud-ouest, le rebord septentrional du cirque de Chichilianne
- Pas de l'Aiguille).
D'autre part le cirque de La Bâtie lui-même, qui sépare le promontoire
rocheux du Mont Aiguille des falaises du Grand Veymont est pratiquement
délimité du côté S par cette cassure, et du côté NW par une autre, parallèle
et encore plus importante, la faille de la Queyrie : ce sont
ces deux failles qui ont dû guider le creusement de ce profond redent
du rebord subalpin.
Légende
:
f.J : faille du Jasneuf
f.Q : faille de la Queyrie
Urg : Urgonien
Barr.inf : Barrémien inférieur
Haut : Hauterivien
En savoir plus : voir le site (d'où est tiré le cliché ci-contre)
Les gravures et les textes anciens donnent
au Mont - Aiguille une forme étonnante de tronc de cône renversé, donc
avec un sommet plus étendu que la base. Rabelais lui-même reprend
cette image dans le Quart - Livre, chapitre LVII : "ainsi dit [inaccessible]
pource qu'il est en forme d'un potiron" (en vieux français, potiron
: nom donné à plusieurs champignons comestibles tels que bolet, lépiote,
etc...).
Y a-t-il une part de vérité dans cette représentation ? (les surplombs
très nombreux se seraient effondrés depuis lors); ou faut-il y voir
une justification graphique et poétique du qualificatif "inaccessible"
?
Cette image eut en tout cas la peau dure : en 1701, les Jésuites du
Collège de Grenoble présentent aux Ducs de Bourgogne et du Berry un
album des "Sept Merveilles du Dauphiné" avec ci-dessous
le début da première page relative au Mont - Aiguille.
"Supereminet
invius" (Il se dresse,
inaccessible)
"On voit cette Montagne à six lieues de Grenoble dans le
Diocèse de Die; elle est d'une hauteur prodigieuse, escarpée
de toutes parts, & séparée des Montagnes voisines, beaucoup
plus étroite par le bas; de sorte qu'elle ressemble de loin
à une Pyramide renversée."
(Les sept merveilles du Dauphiné - 1701)
Au
début du XVIIIème, l'Académie Royale des Sciences rectifie l'erreur
: "...et que même ce rocher n'a nulle figure de piramide
renversée ...".
Pourtant,
en 1840 (c'est à dire après l'ascension historique de Jean
Liotard en 1834 !), le Musée des familles publie encore la
gravure ci-contre...
Le plateau sommital :
La structure du sommet est très inattendue
: un plateau karstique en plan incliné, tapissé d'une prairie !
Les premiers visiteurs y trouvèrent quelques genêts (brûlés un jour
pour signaler le succès d'une ascension) et un pin à crochets emporté
plus tard par un éboulement.
Le plateau est de nature karstique, comme
le Vercors. Une énorme fissure laisse augurer à ( long ? ) terme un
effondrement majeur.
Le Mont-Aiguille, par son isolement, constitue un belvédère somptueux;
le panorama découvert est immense :
vers l'Ouest :
les crêtes de la grande falaise orientale du Vercors avec le
Grand Veymont (2300 m), point culminant du Vercors, et, plus au Nord,
la Grande Moucherolle (2284 m)
vers l'Est : au pied du Mont-Aiguille, le cirque du Trièves
et la vallée de l'Ebron
puis la muraille qui délimite le Trièves, avec l'Obiou (2790 m)
plus loin, le Parc National des Ecrins
vers Nord/Nord-Est : le massif
de Belledonne, la plupart des sommets de la Chartreuse, enfin le Mont-Blanc.
vers Sud/Sud-Est, délimitant
le Trièves, le Grand Ferrand (2749 m) et, au delà, les montagnes de
la Matheysine.
et le Grand Ferrand (2749 m)
Les
dimensions et le relief en plan incliné de la prairie du sommet
ont permis à H.Giraud, chef pilote à l'Aéro-Club du Dauphiné,
d'y accéder par avion : une première fois le 27/08/1947 avec
un Piper-Club, puis, sur skis, le 22/03/1960 avec un Super-Club
"Choucas".
H.Giraud a ensuite réalisé de nombreux atterrissages sur neige
avec passagers.